Une simple pression sur le bouton “play” et… des vagues chantent une
tempête qui s'annonce. Les mouettes préviennent de l'étrange à venir. Des
chuchotements fantômes s'élèvent dans la pièce. Enfin, la sirène Loreley arrive
pour conter sa balade. Plus qu'à se laisser prendre par l'histoire du 21 Love Hotel. Une femme brune et un
homme chapeauté se rencontrent une nuit dans la chambre 21 d'un vieux motel.
L'antre de l'amour ? Du moins, un lieu anonyme, un espace-temps sans
importance, au sein desquels une vie à deux se dessine, peu à peu. Tout du
long, la voix de la belle nous guide dans de graves petites fables, toujours
enveloppée de lentes et longues nappes aquatiques, le plus souvent portée par
des cordes orageuses. Ici et là, suintent le gothique féerique de Tim Burton,
le trouble énigmatique de David Lynch, la grâce indolente de Philippe Garrel.
Chaque éclat musical est ponctué d'images cinématographiques propres à faire
entrer le spectateur dans un univers dramatique. Errance, rencontre,
découverte, ennui, violence, puis retour à la colère des flots : “Le ciel est mon refuge, je suis l'océan”.
Constamment, le contraste habille la chose, entre liberté des grands espaces et
confort de l'intime. On décèlerait presque dans cet objet sonore le pendant
mélodique de ces films empreints d'un romantisme tout contemplatif, entre
l'invraisemblance d'un Buffalo 66 et
le côte à côte innocent des Amants
Réguliers. Enfermés chez eux bien au chaud, Clémence Léauté et Frédéric D.
Oberland orchestrent avec poésie un western amoureux majestueux : “Nos cœurs appartiennent à la tempête”.
Brûlant.