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Comment survivre à une altercation scénique, deux chefs-d’œuvre et la mort d’un guitariste ? Voilà les questions auxquelles tentent de répondre les membres (restants) de feu Women après avoir définitivement mis en sourdine leur projet corrosif. Si Patrick Flegel donne régulièrement de ses nouvelles – dans un registre toujours aussi lysergique – sous l’identité Androgynous Mind, la section rythmique a quant à elle fait profil bas ces deux dernières années. Et pour cause, Matt Flegel et Mike Wallace s’affairaient à la création de Viet Cong en compagnie des guitaristes Scott Munro et Daniel Christiansen, profilant des mélodies aussi excitantes que la devanture exotique de Cassette – format dans lequel est paru ce premier essai à l’origine avant d’être réédité par Mexican Summer.

Excitantes, oui, car ces compositions (qui s’apparentent plus à des démos) mettent en exergue l’une des facettes les plus intéressantes de la courte carrière de Women : l’incandescence. Pendant la petite demi-heure qui sépare le début de la fin, Viet Cong va donc s’employer à brûler la chandelle par les deux bouts, à coups de guitares chimiques, de rythmiques précises et de synthétiseurs disparates, convoquant aussi bien Television et David Bowie que Wire et Bauhaus (dont on retrouve d’ailleurs une reprise de Dark Entries). Sous couvert d’une production en carton-pâte, le quatuor enchaîne les brûlots punk (Unconscious Melody, Structureless Design), les saillies glam (Throw It Away, Oxygen Feed) et les dissonances post-Women (Static Wall et le conclusif Select Your Drone) avec une agilité contondante, tant et si bien qu’on ne se demande même pas où est passé Bunker Buster, le premier (et meilleur titre) de Viet Cong à avoir surgi sur Internet. Sur un album à la sortie imminente peut-être ?


Fabien Le Gourrierec
MAGIC RPM  #185

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