A lire
Lorsqu'en 1991, Dean Wareham décida, en pleine route, d'abandonner sa
Galaxie 500 avec ses deux passagers, Damon Krukowski et Naomi Yang reçurent un
sacré coup de trique derrière la nuque. L'un de ceux dont ils ne se seraient
jamais relevés s'ils n'avaient su se consoler d'une amitié perdue et
reconstruire une esthétique musicale en repartant au kilomètre zéro. Après une
vingtaine d'années et à l'issue d'une fausse reformation de Galaxie 500 (le temps
de quelques concerts comptant le seul Dean Wareham comme membre originel), on
évitera volontiers un éventail de comparaisons entre la carrière de Luna et
Dean & Britta (les deux projets de Dean Wareham) et celle, plus discrète
mais tout aussi sublime, de Damon & Naomi pour s'intéresser à un album
considéré comme la pièce maîtresse d'un des couples les plus touchants de la
pop moderne. Ainsi, entre Damon &
Naomi With Ghost (2000) et More Sad
Hits (1992), le premier véritable
essai du duo (exception faite de l'unique et cultissime EP sous le pseudonyme
de Pierre Étoile) conçu initialement comme un point final à la carrière de ses
charmants auteurs, la discographie de Damon & Naomi s'apparente à un
perpétuel apprentissage : d'un changement d'instrument à la mise en valeur
du chant, en passant par une constante remise en question, ils semblent
découvrir les vertus de ce que l'on nomme (souvent d'un rire entendu) la
maturité et la retenue. Damon & Naomi
With Ghost est à ce titre le fier témoin d'une fin de cycle, celui d'une
décennie de reconstruction, parsemée de grandes chansons (comment oublier The New Historicism figurant sur le LP The Wondrous World Of Damon &
Naomi ?) et de sublimes reprises (Song
To The Siren de This Mortal Coil) initiées sous le patronage du fidèle Mark
Kramer.
C'est au démiurge de Shimmy Disc, producteur avisé (Galaxie 500, Low), directeur de label attentif aux productions nippones (Boredoms) et maître d’œuvre irréprochable que l'on doit une grande part du charme slowcore infusé par les deux amants de Boston ainsi que leur rencontre avec le groupe japonais Ghost… Car, même si cela reste difficile à imaginer, tant les disques de Damon & Naomi semblent procéder d'un raffinement purement pop, le duo a toujours su tisser des liens étroits avec la musique psychédélique, en collaborant avec notamment Wayne Rogers de Crystalized Movements (au sein de Magic Hour) et Tom Rapp (en cette année 2000 paraît A Journal Of The Plague Year produit par un certain Krukowski). Quelques années plus tôt, à l'occasion d'un live joué outre-Pacifique, Damon et Naomi tombent en pâmoison devant la dextérité et la souplesse du jeu de Masaki Batoh, Kazuo Ogino et Michio Kurihara. Ils décident donc de mener à bien un projet collectif. Puisqu'en cette dernière étape de la prévirtualisation totale les musiciens s'échangent encore des cassettes pour travailler à distance, Damon, Naomi et les membres de Ghost entreprennent alors une correspondance au charme presque désuet. En résultent neuf chansons d'une sobriété éclatante, où les rarissimes touches d'acid folk servent entièrement l'art de Damon & Naomi, celui de la sobriété incarnée par The Great Wall. Le style éclatant du couple paraît envenimer The New World, la plus grande chanson de l'album et unique composition de Masaki Batoh. Mais, tout aussi vraisemblablement, c'est aux illustres maîtres Tim Hardin et Nico (Eulogy To Lenny Bruce) et à Big Star (Blue Moon) repris dans ce disque que l'on doit cette exigence mélodique et ce goût pour la lenteur qui ravit à l'écoute de Damon & Naomi With Ghost... Comme si le véritable fantôme du disque, le plus étrangement présent, n'était autre qu'un joli groupe de revenants.
C'est au démiurge de Shimmy Disc, producteur avisé (Galaxie 500, Low), directeur de label attentif aux productions nippones (Boredoms) et maître d’œuvre irréprochable que l'on doit une grande part du charme slowcore infusé par les deux amants de Boston ainsi que leur rencontre avec le groupe japonais Ghost… Car, même si cela reste difficile à imaginer, tant les disques de Damon & Naomi semblent procéder d'un raffinement purement pop, le duo a toujours su tisser des liens étroits avec la musique psychédélique, en collaborant avec notamment Wayne Rogers de Crystalized Movements (au sein de Magic Hour) et Tom Rapp (en cette année 2000 paraît A Journal Of The Plague Year produit par un certain Krukowski). Quelques années plus tôt, à l'occasion d'un live joué outre-Pacifique, Damon et Naomi tombent en pâmoison devant la dextérité et la souplesse du jeu de Masaki Batoh, Kazuo Ogino et Michio Kurihara. Ils décident donc de mener à bien un projet collectif. Puisqu'en cette dernière étape de la prévirtualisation totale les musiciens s'échangent encore des cassettes pour travailler à distance, Damon, Naomi et les membres de Ghost entreprennent alors une correspondance au charme presque désuet. En résultent neuf chansons d'une sobriété éclatante, où les rarissimes touches d'acid folk servent entièrement l'art de Damon & Naomi, celui de la sobriété incarnée par The Great Wall. Le style éclatant du couple paraît envenimer The New World, la plus grande chanson de l'album et unique composition de Masaki Batoh. Mais, tout aussi vraisemblablement, c'est aux illustres maîtres Tim Hardin et Nico (Eulogy To Lenny Bruce) et à Big Star (Blue Moon) repris dans ce disque que l'on doit cette exigence mélodique et ce goût pour la lenteur qui ravit à l'écoute de Damon & Naomi With Ghost... Comme si le véritable fantôme du disque, le plus étrangement présent, n'était autre qu'un joli groupe de revenants.
